vendredi 26 octobre 2012

Zen, soyons zen...

 Il y a environ 3 ans, Mademoiselle Sushi vivait une relation passionnelle avec un parfait abruti, accro aux livres de développement personnel (mais qui n'était pas forcément le plus doué pour les mettre en pratique...)^^

Une rupture sanglante et deux années de "convalescence" plus tard, la seule chose qui lui restait de cette période trouble était un livre, offert par l'abruti en question, et qu'elle n'avait quasiment jamais ouvert...

Plus d'excuses aujourd'hui ! Car une fois dépouillé de l'encombrant passé qui y était associé, le livre en question s'est révélé très riche d'enseignements.

Un peu de développement personnel, ça vous dit ? Hop hop hop, allons-y gaiement !


"Jeter l'inutile et le superflu pour faire de l'espace en soi"
"Se délester du superflu, c'est aussi se délester de ses problèmes. Pour désencombrer sa vie, jeter agit non seulement comme une véritable thérapie, mais encore comme une philosophie et un art. Un ouvrage indispensable pour ne plus souffrir de la confusion entre avoir et être."

Avant de se lancer dans l'analyse pointue de cet ouvrage fort prometteur, une question de pose : mais quel est diable le rapport entre ce livre et le Japon ???
Il y en a plusieurs, à vrai dire. Pour commencer, Dominique Loreau (l'auteure avec un "e", parce que c'est une femme hein, vous l'aurez compris^^) vit au Japon depuis la fin des années 70, au point d'avoir finalement adopté "le style de vie frugal et la spiritualité de ce pays".
De fait, on retrouve dans son ouvrage un certain nombre de principes issus du bouddhisme zen, qu'elle évoque fréquemment. Sans oublier les multiples exemples puisés dans son univers quotidien, qui apportent à son livre un charme inattendu pour ce genre de lectures...

Je ne suis pas férue des livres de développement personnel, qui prétendent vous guider dans cette fameuse quête du "je-veux-changer-ma-vie-aidez-moi !"
Parce que généralement, on démarre ce genre de lectures avec enthousiasme... puis celui-ci se dégonfle comme un ballon de baudruche lorsqu'on réalise que "changer sa vie", ça demande du travail, et beaucoup de réflexion !

Et quel travail nous demande-t-on dans cet ouvrage, précisément ? Et bien de tout faire pour nous simplifier la vie !^^ Je ne sais pas vous, mais moi, ce programme me plaît !

Vivre dans la simplicité, un combat de tous les instants ! 
"L'art de l'essentiel", qu'est-ce que c'est au juste ? Vivre dans le dépouillement le plus total ? Retourner à l'âge de pierre ? Pas si simple...
"L'art de l'essentiel", c'est d'abord apprendre à se contenter de ce que l'on a, puis à se délester de ce que l'on a en trop. Jeter, éliminer, balancer, offrir ou vendre... Peu importe !

Quand on y réfléchit, de quoi avons-nous réellement besoin pour vivre ? Nos besoins vitaux sont simples : ce sont nos moyens de les satisfaire qui sont compliqués ! Et qui alourdissent considérablement notre petit baluchon...
Accumuler, entasser, collectionner... autant de verbes qui renvoient à d'autres contraintes : trier, ranger, entretenir, réparer, épousseter... Et dans tout ce fatras, combien d'objets dont nous ne faisons pas usage, mais qui pourtant restent là, pesant dans nos armoires... autant que sur notre moral ?


Témoignage : "Chiyo, une amie, m'explique que lorsqu'elle était jeune, après la guerre, il n'y avait presque rien chez ses parents. C'est à peine s'il y avait assez de bols pour l'ensemble de la famille, mais c'était la période de sa vie la plus heureuse. "Nous n'avions rien, mais nous étions si heureux ainsi ! Quand nous avions faim, mon père allait pêcher un poisson. Nous étions libres. Nous étions légers. Aujourd'hui, il y a trop de choses. Les gens deviennent fous. Les voitures, principale cause du réchauffement de la planète, ont fait disparaître à jamais le bon temps de mon enfance", continue-t-elle" (p.49)

Se désencombrer, ok... mais avec style !
Jeter pour jeter n'a pas grand intérêt. L'objectif n'est pas de vivre dans le dénuement complet, mais de conserver uniquement ce qu'il y a de meilleur et d'utile chez soi !
Vous voilà donc métamorphosé en directeur de casting, pour passer au crible vos fonds de tiroir, comparer, tester, et déterminer le sort de tous ces objets qui peuplent les recoins de votre maisonnée.

Mais jeter est aussi un acte de purification, qu'il convient de vivre comme un véritable rituel. Chaque geste que vous accomplirez au cours de cette quête "spirituelle" sera empli de signification. Pas question d'agir mécaniquement : prendre son temps, être tout entier impliqué dans la libération de son espace vital, être à l'écoute de soi et de son environnement... Autant d'habitudes qui vous permettront de créer un climat de paix et d'harmonie dans votre demeure.

"Etre "zen", c'est agir ainsi à chaque instant de la vie : porter son attention, s'arrêter sur tout ce qui se présente autour de soi ou en soi dans le moment présent. C'est agir spontanément. Une fois qu'une décision est prise, passez à l'acte immédiatement" (p.205).

Enfin, vivre dans la simplicité, c'est aussi apprendre à faire les choses par soi-même, sans dépendre sans cesse d'une multitude d'appareils complexes, dont l'entretien vous apporte plus de contraintes que d'avantages ! Oubliez le "hache-persil électrique" : une planche, un couteau, et vous ferez aussi bien, avec moitié moins de vaisselle et sans dépenser d'énergie superflue ! Et oui, "l'art de l'essentiel" permet aussi de diminuer le montant de ses factures ! Merveilleux, non ?

Faire son pain soi-même, apprendre à consommer selon ses besoins, au jour le jour... Bon, on dirait que j'ai quelques bonnes bases, mais je ne suis pas sortie de l'auberge !
Apprivoiser les grands concepts zen
Wabi sabi, kyu kyu bukuro, kufu, mujo... Au fil de la lecture, on croise fréquemment des termes exotiques, qui invitent à la curiosité. Parce que la culture japonaise a su mieux qu'aucune autre ériger la simplicité en art de vivre.
C'est là aussi que L'art de l'essentiel surprend et interroge : et s'il existait une autre façon de voir le monde, et de vivre son quotidien ? Et vous, seriez-vous prêt à vous initier aux bienfaits de la pensée zen, et au raffinement de la simplicité ?

Le verdict du jury composé de moi-même : à contre-courant du "toujours plus" vers lequel notre société de consommation nous pousse au quotidien, L'art de l'essentiel est une bouffée d'air frais.
Ne culpabilisez plus, libérez-vous : jetez !
Un livre que je recommande à tous ceux qui souhaitent mettre un peu d'ordre dans leur vie... et dans leur tête !^^

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2 commentaires:

  1. "Mademoiselle Sushi vivait une relation passionnelle avec un parfait abruti" quelle phrase d'accroche , j'adore XDDDD
    Ton livre a l'air interessant.
    Il y a des choses auxquelles on ne fait pas specialement atention dans la vie de tous les jours..savoir apprecier l'instant present et apprecier chaque moments peu importe qu'ils soient difficiles ou non, parce que chaque instant est unique :)
    Pour ce qui est de faire du tri et de jeter, c'est dingue tout ce qu'on accumule et qu'on garde (et qu'on sait qu'on n'utilisera jamais !)
    Et bien au dela de "vivre dans la simplicite", mais plutot "vivre normalement, sans s'encombrer de trucs inutiles"...

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    1. lol Bah avant de commenter un livre, j'aime bien raconter un peu dans quelles circonstances je l'ai découvert, ça peut expliquer pas mal de choses je pense^^

      Je confirme que ce livre est très intéressant, ce sont des petites choses auxquelles on ne pense pas forcément quand on est "embourbé" dans son quotidien. Un bon tri fait vraiment du bien !!!

      Ce que j'aime aussi dans ce livre, c'est qu'il ne s'agit pas de "jeter pour jeter", au contraire. L'auteur nous encourage à garder "le meilleur", à recycler les objets au lieu d'en racheter qui seront de moindre qualité. Plutôt que d'acheter des objets bon marchés mais à durée de vie limitée, acheter tout de suite de la qualité, qu'on gardera presque toute sa vie !

      J'aime bien cet état d'esprit, car je suis totalement contre cette politique "d'obsolescence programmée" : réduire volontairement la qualité des objets, pour que leur durée de vie soit plus courte et qu'on soit obligé d'acheter plus souvent.

      Bref, tu l'auras compris : ce livre me plaît parce qu'il est plein de bon sens ! :)

      Merci de ton message en tout cas Eydna, comme toujours c'est un plaisir de te lire. A bientôt !^^

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