dimanche 12 août 2012

Initiation à la cuisson raku !

Il y a quelques jours, je publiais sur ce blog un reportage présentant "La Galerie du Marais", dans lequel je m'extasiais devant les poteries adorables de l'artiste François Dewisme.
Grâce à cet article, je découvrais dans la foulée l'existence de la céramique raku (merci Karine !).

Coïncidence : ce matin-même, Gisèle Baillet, céramiste/sculpteur, proposait justement une démonstration de cuisson raku dans son atelier de Berck-sur-Mer. A 20 km à peine de chez moi...

Ni une, ni deux : me voilà donc embarquée pour une matinée sympathique et enrichissante, à la découverte d'un savoir-faire 100% japonais !
Et comme je suis généreuse (et modeste^^), j'ai décidé de partager tout cela avec vous...


La technique du raku pour les nul(le)s
Commençons par le commencement... Le raku, c'est quoi ?
Pour faire court, il s'agit d'une technique d'émaillage et de cuisson développée au Japon dans le courant du 15e siècle, et étroitement liée à la cérémonie du thé.
En ces temps reculés, on fabriquait son bol soi-même, et les premières céramiques raku étaient d'ailleurs des poteries grossières, très éloignées de nos créations contemporaines (exemple ci-dessous).


Les pièces utilisées sont généralement en porcelaine ou en grès chamotté (un mélange de terre lisse et d'argile, particulièrement résistant aux chocs thermiques). Les craquelures caractéristiques de la céramique raku sont en effet le résultat d'un brutal changement de température, les pièces étant immergées dans l'eau froide immédiatement après l'enfumage.

On reconnaît les céramiques raku à leurs craquelures caractéristiques...
Dans l'antre de l'artiste...
Gisèle Baillet est céramiste professionnelle. Pour elle, "quatre éléments interviennent dans le raku : la terre, l'émail, le feu et l'artiste". Plus qu'une simple technique de cuisson, le raku est aussi une véritable philosophie inspirée par le bouddhisme zen, "qui met l'accent sur la beauté de la simplicité et du naturel".
Son atelier et sa boutique débordent de créations surprenantes et colorées : poissons, oiseaux, bols, vases, colliers...



Aujourd'hui, nous serons trois curieuses à nous essayer à la cuisson raku. 
Chaleureuse, l'artiste nous fait partager son univers et son savoir-faire avec entrain ! C'est parti pour une matinée créative entre filles !

La cuisson raku : mode d'emploi !
Le thème de l'atelier étant l'émaillage et surtout la cuisson, la démonstration commence par le choix de l'objet à travailler, préalablement modelé et cuit par l'artiste.
Personnellement, j'ai craqué pour une petite chouette kawaii, avec de grands yeux larmoyants !

Ne faisons pas durer le suspense, voici un petit aperçu de la transformation subie par ledit objet :
Pour être tout à fait honnête, je ne suis pas 100% satisfaite de ma création, d'ailleurs je me demande si cette chouette n'était pas plus jolie avant mon intervention finalement^^ Cela dit, la photo n'est pas très parlante : on ne voit pas du tout les craquelures et le rendu brillant de l'objet final...

Etape 1 : l'émaillage 
Au cours de cette opération, on recouvre l'objet précuit d'une couche d'émail blanc ou coloré. Les zones non recouvertes se teintant de noir à la cuisson, il faut être attentif à leur forme et à leur épaisseur. L'utilisation d'une cire sur laquelle l'émail ne peut adhérer permet de simplifier l'opération : on se contente ensuite de verser l'émail blanc par dessus, et de "creuser" les sillons désirés avec un cure-dent pour finaliser les motifs.

Trêve de discours, le processus en images !

Après avoir tracé quelques motifs à la cire, on verse l'émail blanc sur l'objet
(merci à Marie-José pour la photo !)
L'émail n'adhère pas sur la cire : les motifs apparaissent !
On gratte ensuite l'émail avec un cure-dent pour obtenir des motifs bien nets, qui deviendront noirs à la cuisson
Notez que j'ai ensuite ajouté quelques touches de couleur par-ci, par-là en utilisant des émaux colorés, et hop ! C'est parti pour la cuisson !

Etape 2 : la cuisson

Voici le four utilisé par Gisèle pour la cuisson raku !
Il s'agit ni plus, ni moins que d'un énorme bidon métallique tapissé de fibres protectrices.
Une fois les objets placés à l'intérieur, on referme le four avec un couvercle et on allume le brûleur en dessous. Ce dernier est relié à une bouteille de gaz sous pression.
L'opération est assez impressionnante !


Grâce à une "sonde" en porcelaine introduite sur le côté du four, on contrôle la température. Ce n'est qu'une fois atteints les 960°C qu'on pourra arrêter la cuisson ! Ça chauffe là-dedans !

Etape 3 : l'enfumage
Une fois cuites, les pièces brûlantes sont déposées dans une cuve métallique remplie de journaux et de feuillages, qui vont s'enflammer à leur contact. On referme la cuve à l'aide d'un couvercle.
C'est le processus d'enfumage, qui va durer une dizaine de minutes.

Une fois cette étape terminée, il ne reste plus qu'à sortir les pièces et à les tremper dans l'eau froide. Sous l'effet du choc thermique, les craquelures caractéristiques du raku apparaissent.

Mon chef-d'oeuvre  !
Une poire, deux chouettes, une coccinelle...
Et voilà, opération terminée ! Il ne reste plus qu'à nettoyer nos petites créations pour la photo de famille !

Pfff, la chouette de Marie-Bertille est carrément plus jolie que la mienne ! Mais je ferai mieux la prochaine fois !!! >_<
Au passage, un grand merci à Gisèle Baillet pour sa démonstration et pour ses explications, ainsi qu'à mes deux partenaires bien sympathiques !

Si vous vivez dans les parages et que vous souhaitez participer à un stage de modelage et/ou de cuisson raku, n'hésitez pas à contacter Gisèle au 03 21 84 05 27 ou par mail : bailgis@free.fr.
Rendez-vous également sur le blog  www://artfloralberck.over-blog.com



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2 commentaires:

  1. "Chouette" reportage !! Je ne connaissais pas le processus de fabrication et ben voilà, maintenant je sais !
    Mais si il est joli ton oiseau , je lui trouve un côté poussin ;)

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    Réponses
    1. Merci, merci^^ En fait je pense que j'ai été trop timide sur l'utilisation des émaux colorés, j'aurais dû y aller plus franchement pour que la céramique soit vraiment bien rouge et brillante... comme celle de Marie-Bertille ! lol
      C'est pas grave, au moins je saurai pour une prochaine fois, et puis c'était vraiment très intéressant d'observer le processus effectivement :)

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