samedi 1 décembre 2012

Initiation à l'Ikebana

Il y a quelques semaines, j'évoquais avec vous ma première rencontre avec l'association Ikebana-Nord, lors d'un festival culinaire. Mais je ne vous ai pas tout dit ! (héhé^^)

Suite à ce premier échange passionnant avec Michèle Flament, créatrice de l'antenne Montreuilloise de l'association, j'ai été conviée à assister à un cours d'ikebana (art floral japonais) ! C'était aujourd'hui même, à deux pas de chez moi, et devinez quoi : j'ai décidé de vous faire partager l'expérience...


13h30
Un peu essoufflée, j'arrive pile à l'heure pour assister au cours ! Tout le monde est déjà là et je suis chaleureusement accueillie par les participants, tandis qu'un agréable parfum de fleurs fraîches me chatouille les narines. Nous serons 12 à assister au cours de Marie-Christine Tranchant (Maître Ikebana 2ème degré au sein de l'école Ohara), venue spécialement de Cambrai.

Bonne surprise : je retrouve un visage familier dans l'assistance, celui de la céramiste Gisèle Baillet qui m'avait initiée à la cuisson raku dans son atelier de Berck-sur-Mer (si si, rappelez-vous !). Je m'installe, notre professeur se présente... le cours peut commencer.

"Nous allons commencer, pour les débutants, par un hana-isho de base verticale..."
Euh...

Des poteries très colorées, qui contrastent avec la sobriété des vases traditionnels. Pas de doute : Gisèle Baillet est parmi nous !
13h40
Heureusement, notre maître est pédagogue, et le cours démarre par une jolie démonstration du fameux "hana-isho", composition idéale pour assimiler les règles de base de l'ikebana (et elles sont nombreuses !).

Concrètement, pour réaliser un hana-isho dans les règles de l'art, on n'utilise pas plus de 2 ou 3 espèces végétales (dans le cas présent la molucelle ou clochette d'Irlande, la rose et le laurier). L'hana-isho se compose de deux grandes parties :
  • Le shu-shi ou "élément ciel", qui sera ici vertical et qui devra être d'une hauteur égale à une fois et demi le diamètre du vase.
  • Le kyakushi ou "élément terre", qui devra être d'une hauteur égale à 1/3 du shu-shi et être placé devant lui, à 45° d'inclinaison (pfiou !) 
Outre le shu-shi et le kyakushi, qui forment "l'ossature" de la composition, on intégrera également quelques éléments "auxiliaires" :
  • Un auxiliaire "fleur" en haut (d'une hauteur généralement égale à la moitié du shu-shi)
  • Un auxiliaire "fleur" en bas (très court)
  • Un élément "cascade" servant à relier le bouquet au vase 
  • Un auxiliaire "feuille" (d'une hauteur généralement égale à la moitié du shu-shi)
Le nombre d'auxiliaires est libre, mais il faut éviter de trop charger.

Vous l'aurez compris : l'ikebana, c'est très technique ! Non seulement on fera attention à la longueur et à l'angle d'inclinaison ou d'ouverture des tiges, mais aussi à certaines règles de priorités : les fleurs les plus claires et les moins épanouies en haut, les plus sombres et ouvertes en bas. 
On devra aussi prendre garde à ce que ces fleurs soient bien droites, dans un élan vertical, comme si elles cherchaient la lumière du soleil.

Et éviter les alignements. 

Mais toujours en laissant des espaces vides entre les éléments, "suffisamment pour qu'un papillon puisse se faufiler entre les branches".

Ces règles valent bien-sûr pour l'école Ohara, et j'en resterai là car je devine votre cerveau qui commence à fumer !^^

A ce moment précis du cours, l'atmosphère se veut studieuse : on n'entend plus que le bruit des stylos qui glissent sur le papier. Visiblement, je ne suis pas la seule à me sentir un peu perdue ! Ouf !

14h00
L'heure est venue de passer à la pratique ! 

Etant venue un peu "en touriste", on me prête aimablement un joli vase et quelques outils. Le vase en question n'est pas très réglementaire, mais ça devrait aller quand-même^^

En parlant de vase d'ailleurs, l'hana-isho de base verticale nécessite un récipient complètement plat. Les végétaux donnent l'impression de tenir verticalement tout seuls, comme par magie, parce qu'on utilise un kenzan (pique-fleur japonais).
L'objet ressemble à une brosse, sauf que les piques sont en métal, ce qui le rend particulièrement lourd. Aucun risque qu'il bouge une fois en place !

Le kenzan : un objet typiquement japonais, ça se voit dès l'emballage !
Autour de moi, tout le monde s'affaire, dans une atmosphère sereine. Je suis la seule à stresser un peu : ça représente quoi, une fois et demi le diamètre de mon vase ?
Et comment on fait quand on a coupé sa rose trop court ???

Une molucelle tout en verticalité, dans un vase complètement plat : c'est la magie du kenzan !
Tout le monde a terminé et je rame encore. Heureusement, Marie-Christine Tranchant vole à mon secours...


Et voilà le résultat final... Plutôt joli, non ?

15H00
Le cours s'achève, et pendant que Marie-Christine Tranchant termine de corriger les compositions de ses élèves, chacun fait part de ses impressions autour d'une bonne tasse de thé. L'atmosphère est conviviale, après tout l'art floral est une affaire de passionnés !

Je découvre que l'antenne de Montreuil-sur-Mer existe depuis 2000. Auparavant, les cours étaient donnés par Marc Kapella, maître 1er degré diplômé de l'école Ohara de Tokyo. Marie-Christine Tranchant est son élève de longue date.

15h15
Je m'éclipse discrètement, tandis que démarre un second cours. Avant de quitter la salle, je démonte soigneusement mon bouquet. Pas de regrets cependant : l'ikebana, c'est d'abord l'art de l'éphémère...


INFOS PRATIQUES

Amis nordistes, l'association Ikebana-Nord propose des cours réguliers à travers toute la région : Arras, Cambrai, Douai, Lille, Montreuil-sur-Mer...Si vous vivez dans les parages et que vous souhaitez en savoir plus, je vous invite à faire un tour par ici !

Pour l'antenne de Montreuil-sur-Mer, sachez que les cours se tiennent tous les deux mois, à raison de 2 cours consécutifs. Le prochain rendez-vous aura lieu samedi 02 février, de 13h30 à 17h ! A vos agendas !

Découvrez aussi...


A la découverte de l'Ikebana Le résultat tant attendu ! Le Japon dans la tête (1)

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2 commentaires:

  1. Pas bete l'astuce du kenzan effectivement, je ne m'etais jamais demandé comment ca tenait droit comme ca !

    Tres interessant en tout cas. C'est vrai que j'ai vite tendance à oublier que la composition florale requiert reflexion et savoir faire ! Ca me donne envie d'essayer.

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    Réponses
    1. Merci de ton commentaire Eugénie ! :)

      Franchement, j'ai été très surprise par la technicité de l'exercice, je me cramponnais à mes notes au début lol
      Cela dit, je me mettais la pression toute seule car l'ambiance était plutôt zen autour de moi^^

      Bref, je te conseille vraiment d'essayer pour te faire une idée, mais personnellement j'en garderai une très bonne impression ! :)

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